Cette année, le colloque de la SFEJ, rendez-vous incontournable de la japonologie francophone, est organisé pour la première fois à Lyon, ville connue pour sa gastronomie, mais aussi pour sa capacité à concilier avec dynamisme les arts et l’industrie. À la pointe des innovations techniques et culturelles, elle a notamment vu naître le cinéma sous l’impulsion des frères Lumière dans les années 1890. Ses liens avec le Japon sont nombreux et variés. Elle a, entre autres, développé depuis le xixe siècle une relation singulière avec la ville de Yokohama (avec laquelle elle est toujours jumelée), à travers le commerce de la soie, et abrité les rêves de l’homme d’affaires collectionneur hors-norme qu’était Émile Guimet. Aujourd’hui encore, elle accueille de nombreux ressortissants japonais et constitue un noyau dynamique pour les études japonaises. Enfin, le département d’études japonaises de l’Université Jean Moulin-Lyon III, établi depuis 1981, a permis au japonais de se hisser à la deuxième place après l’anglais au sein de la Faculté des langues.

Le colloque de décembre 2014, intitulé « Le Japon au xxie siècle : dynamiques et mutations », avait brillamment mis en exergue les multiples facettes du Japon contemporain. Pour l’édition 2016, nous avons retenu le thème suivant : « Autour de l’image : arts graphiques et culture visuelle au Japon ».

Dans le discours sur le Japon, l’importance de l’image, en tant que reproduction d’un objet ou d’une figure, est régulièrement soulignée, à travers la complexité de son écriture, la finesse et la force de ses expressions picturales ou encore la richesse de son énergie créative. L’expression « arts graphiques » se réfère ici à l’ensemble des processus qui touchent à la conception visuelle et à la mise en scène des créations artistiques par différentes techniques : écriture, rouleaux illustrés, dessin, peinture, gravure et estampe, photographie, cinéma… À noter que l’ensemble de ces créations peuvent être utilisées à des fins uniquement artistiques, mais aussi industrielles ou commerciales (messages publicitaires, édition, affiches, revues, etc.). Quant à la « culture visuelle », intimement liée aux visual culture studies anglo-saxonnes, qui ont renouvelé les manières d’envisager l’utilisation des images dans nos sociétés, elle renvoie au rapport complexe qui existe entre l’émetteur et le récepteur dans une relation médiatisée par l’image. Celui-ci ne se limite pas à l’analyse des images/illustrations, mais touche également à la question de leur réception, de leur diffusion, des conditions de leur production.

Autrement dit, par ce thème, il s’agit d’embrasser l’ensemble des représentations visuelles et artistiques du Japon et de s’interroger sur les aspects sociaux, politiques, esthétiques ou médiatiques associés à celles-ci. Nous choisissons sciemment de ne pas fixer de limites temporelles, pour accueillir une réflexion autant sur le Japon ancien que contemporain, et espérons que cette recherche collective offrira un éclairage pertinent sur les avancées actuelles en la matière et permettra un dialogue entre champs disciplinaires divers (histoire de l’art, sociologie de l’art, anthropologie, économie culturelle, politique des images, etc.), en rassemblant de nombreux chercheurs confirmés ou débutants.

Espérant que ce colloque sera l’occasion de découvertes et de rencontres fructueuses, nous vous souhaitons à tous un excellent séjour à Lyon,

Les organisateurs : Cléa Patin, Julien Bouvard

 

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